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Le point de vue de la formatrice

Un environnement réglementaire en évolution : la rigueur du réel

RE2020 : extension au 1er mai 2026, un changement de périmètre significatif

À compter du 1er mai 2026, la RE2020 s’applique à de nouveaux bâtiments tertiaires spécifiques (hôtels, commerces, restaurants, établissements d’accueil du jeune enfant, établissements de santé, aérogares, etc.) et aux bâtiments industriels et artisanaux.
Au-delà du périmètre, le texte confirme une logique désormais bien installée : performance énergétique, impact carbone et confort d’été sont des sujets à traiter dès les premières phases de conception, car ils découlent largement des choix d’implantation, d’enveloppe, d’orientation et de stratégie bioclimatique.

Commande publique : des seuils qui modifient les conditions d’accès

Pour les agences intervenant en marché public, début 2026 apporte deux repères importants :

  • Les seuils européens de procédure formalisée sont révisés au 1er janvier 2026.
  • Le seuil de dispense de publicité et de mise en concurrence pour certains marchés de fournitures/services passe à 60 000 € HT au 1er avril 2026, ce qui peut influencer la structuration des achats et les modalités de consultation.

Ces ajustements invitent à une stratégie plus fine : suivi des publications, compréhension des montages, anticipation des groupements, et amélioration des dossiers de candidature.

Patrimoine : renforcer la concertation pour sécuriser les projets

Une circulaire du 12 janvier 2026 vise à améliorer les conditions de dialogue entre architectes des Bâtiments de France, collectivités et porteurs de projets, en encourageant la concertation en amont et la recherche de solutions partagées.
Pour les architectes, l’enjeu est très opérationnel : intégrer plus systématiquement la phase de pré-échanges, consolider les argumentaires (site, paysage, matérialité, réversibilité, insertion), et formaliser des variantes de manière maîtrisée.

ZAN et simplification : une planification qui reste déterminante

La trajectoire “zéro artificialisation nette” continue d’orienter les décisions d’aménagement, avec des ajustements et débats récurrents entre objectifs nationaux et réalités locales.
En parallèle, des textes de simplification modifient certains leviers en urbanisme ; dans la pratique, cela impose de rester attentif aux conditions d’application (PLU, secteurs, jurisprudences locales, position des services instructeurs).

Énergie tertiaire : échéances techniques révisées

Le calendrier de mise en œuvre des systèmes d’automatisation et de contrôle (BACS) pour une partie du parc tertiaire a été reporté à 2030, ce qui influe sur la planification des rénovations et la hiérarchisation des interventions.

En synthèse : la réglementation n’est pas un simple cadre ; elle devient un paramètre actif du projet. La compétence clé consiste à transformer ces exigences en décisions de conception explicites, cohérentes et argumentées.

L’IA : un outil d’exploration créative, à encadrer par une méthode

L’intelligence artificielle progresse rapidement dans les métiers de la conception. En 2026, elle s’inscrit dans un double mouvement : montée en puissance des usages et clarification des responsabilités.

Le calendrier européen (AI Act) entre dans une phase d’application plus opérationnelle, notamment avec un jalon au 2 août 2026 concernant plusieurs dispositions, dont des exigences de transparence pour certains systèmes.
En France, la CNIL rappelle que de nombreux usages peuvent relever du RGPD dès lors qu’ils impliquent des données personnelles, ce qui est fréquent dans les projets (adresses, photos, documents de programme, éléments de contexte).

L’apport créatif : un “atelier de variations” au service du projet

Employée avec discernement, l’IA peut devenir un outil d’exploration utile pour :

  • Élargir le champ des hypothèses en phase amont (scénarios d’organisation, contraintes à tester, alternatives de récit).
  • Structurer une intention : clarifier un parti architectural, adapter le discours à différents publics, produire des synthèses de programme ou des notes de cadrage.
  • Accélérer la mise en forme de contenus non dessinés : tableaux comparatifs, trames de documents, premières versions de textes (notice, note de conception, supports de présentation).

L’objectif n’est pas de déléguer la conception, mais de gagner en itération, tout en conservant l’exigence architecturale : cohérence spatiale, justesse constructive, pertinence d’usage.

Les points de vigilance : confidentialité, fiabilité, droits

Trois domaines exigent une attention particulière :

  • Confidentialité et données : éviter l’exposition de pièces non publiques ou de données identifiantes ; sécuriser le cadre d’utilisation.
  • Fiabilité : une formulation convaincante peut masquer des erreurs (chiffres, références, règles). La validation humaine reste indispensable.
  • Propriété intellectuelle : les questions liées aux contenus générés et au droit d’auteur sont en évolution ; une vigilance accrue est recommandée, notamment pour les images et rendus.
  • Art et science : une discipline de synthèse, plus que jamais

L’architecte n’exerce pas “entre” normes et créativité : il conçoit à leur articulation. Le projet consiste à faire converger des couches hétérogènes — performance, coût, réglementation, urbanisme, patrimoine, contexte, usages — vers une proposition lisible, habitable, durable et culturellement située.

La créativité, dans ce contexte, ne se définit pas comme une liberté sans contraintes. Elle réside dans la capacité à transformer la contrainte en intention : faire d’une exigence énergétique une qualité d’usage, d’une règle d’insertion une justesse de proportion, d’un outil numérique une amélioration du processus, plutôt qu’un style automatique.

équipe 2 - esprit formation

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